DIWANIYAH (AFP) — La province chiite de Diwaniyah est passée mercredi sous le contrôle de l'armée irakienne, devenant ainsi la 10e des 18 régions d'Irak que les forces américaines confient aux Irakiens.
"Nous recevons la gestion de la sécurité. Ce jour représente un nouveau chapitre dans une série de succès qui montrent la capacité et la force des forces irakiennes", a déclaré un vice-président du Parlement irakien, Khaled al-Attiya, au cours d'une cérémonie à Diwaniyah, la capitale régionale (180 km au sud de Bagdad).
Diwaniyah, dont la sécurité était assurée par les forces américaines et polonaises, est la 10e des 18 provinces irakiennes à passer sous le contrôle de l'armée irakienne.
Dans un communiqué commun, l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, et le commandant en chef des forces américaines et alliées en Irak, le général David Petraeus, ont affirmé que ce transfert reflétait la situation dans la province.
"Ces deux derniers mois, les forces de sécurité irakiennes à Qadissiya (l'ancien nom de la province, ndlr) ont opéré seules et ont démontré qu'elles étaient prêtes à assumer leurs responsabilités en matière de sécurité dans la province", indique le communiqué.
Mais celui-ci insiste sur la nécessité que la direction provinciale et militaire coopèrent "pour atteindre le niveau de sécurité nécessaire à une prospérité économique à long terme".
Le conseiller pour la sécurité nationale du gouvernement irakien, Mouaffak al-Roubaïe, a estimé que l'administration locale devait désormais se concentrer sur la reconstruction de la province située dans le centre de l'Irak.
"Il est temps maintenant pour les fils de la province de tourner la page de la sécurité et d'ouvrir un nouveau chapitre de reconstruction pour créer de nouveaux emplois et faire de Diwaniyah la plus prospère des provinces", selon lui.
M. Roubaïe a également annoncé que le gouvernement espérait que les huit autres provinces du pays "passent sous contrôle irakien avant la fin de l'année".
Les forces irakiennes contrôlent désormais les provinces de Diwaniyah, Missane, Mouthanna, Bassorah, Zi Qar, Najaf, Kerbala et les trois provinces kurdes de Dohouk, Souleimaniyah et d'Erbil.
En mai, le général David Petraeus avait estimé que le transfert du contrôle de la sécurité pour toutes les provinces ne serait pas achevé à la fin de l'année.
L'armée irakienne et les unités américaines ont encore fort à faire, notamment dans les provinces de Diyala ou de Ninive (dont Mossoul est la capitale) où les insurgés et le réseau Al-Qaïda sont très implantés et les attentats quasi-quotidiens.
La province "a fait de remarquables progrès en matière de sécurité. Nous continuerons d'être aux côtés des forces irakiennes dans leurs tentatives d'établir une sécurité viable", a déclaré le général Lloyd Austin, numéro deux des forces armées de la coalition en Irak.
Le transfert du contrôle de la sécurité était prévu le 30 juin mais a été repoussé à cause des mauvaises conditions climatiques.
L'armée américaine avait invoqué les mêmes raisons pour annuler une cérémonie de transfert pour la province d'Al-Anbar, ancienne place forte de l'insurrection sunnite anti-américaine.
Diwaniyah avait été le théâtre de combats sanglants entre les deux puissantes milices chiites, l'Armée du Mahdi du chef radical Moqtada Sadr et celle du chef conservateur Abdel Aziz Hakim, un des principaux soutiens du Premier ministre Nouri al-Maliki.
En novembre dernier, les troupes irakiennes, américaines et polonaises avaient lancé un grande offensive sur la capitale provinciale pour rétablir l'ordre dans cette ville d'un million d'habitants.
Une centaine de miliciens chiites, en majorité fidèles à l'Armée du Mahdi, avaient été arrêtés.
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