BOBIGNY (AFP) — Cinq personnes interpellées mercredi à Sevran (Seine-Saint-Denis) lors de la vaste opération antidrogue menée par 350 policiers dans le quartier des Beaudottes étaient jeudi après-midi en garde à vue, trois à Bobigny et deux à la brigade des stupéfiants à Paris, a-t-on appris de source judiciaire.
Cette source avait jusqu'ici fait état de quatre gardés à vue. Tous sont entendus dans le cadre d'infractions présumées aux stupéfiants. Il s'agit de quatre hommes, dont un mineur, et d'une femme interpellée en flagrant délit d'achat de cannabis auprès du mineur.
Deux des gardés à vue ont été transférés mercredi soir dans les locaux de la brigade des stupéfiants de la police judiciaire (BSP) parisienne. Les policiers des "stups" agissent dans le cadre d'une commission rogatoire ancienne délivrée par une juge de Bobigny (Seine-Saint-Denis) "concernant un vaste trafic de drogue", selon une source proche de l'enquête.
La garde à vue de l'un de ces deux suspects a été levée dans le cadre de la commission rogatoire mais elle a été reconduite à la BSP par le parquet de Bobigny dans un autre cadre, l'homme étant en possession d'une petite quantité de produits stupéfiants lors de son arrestation, a précisé la source judiciaire.
En matière de stupéfiants, la garde à vue peut durer jusqu'à quatre jours.
L'opération menée mercredi aux Beaudottes, un quartier sensible de Sevran récemment décrit comme étant "sous la coupe réglée" de dealers par les Renseignements généraux dans une note récente, a donné lieu à de faibles saisies de drogues et une seule procédure de flagrant délit de vente.
Pour le maire de Sevran, Stéphane Gatignon (PCF), si les policiers n'ont pas trouvé grand chose, c'est que "tout était planqué". Depuis trois semaines, la note des RG avait conduit la préfecture à convoquer une réunion d'urgence sur les Beaudottes et les dealers pouvaient s'attendre à une opération d'envergure, après plusieurs opérations coup de poing déjà menées ces derniers mois.
Selon M. Gatignon, une première intervention de police "en début d'après-midi" a également pu provoquer un repli des dealers. Plusieurs journalistes avaient en outre été prévenus "dès la veille", selon le maire.
"Quel était le but réel de cette opération? S'agissait-il du résultat d'enquêtes en cours pour démanteler des trafics ou d'affirmer la présence de la police dans ce quartier?", s'est interrogé M. Gatignon.
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