NBA: Kobe Bryant, des LA Lakers, élu meilleur joueur de la saison régulière

LOS ANGELES (AFP) — Cité régulièrement comme le meilleur joueur du monde depuis Michael Jordan, l'arrière des LA Lakers, Kobe Bryant a dû attendre cette année pour être enfin désigné MVP de la saison NBA.

"Je n'y croyais plus", avoue le "Mamba" qui s'était "résigné à ne jamais toucher ce trophée." Il y avait de quoi désespérer. Malgré trois titres NBA, un match à 81 points l'année dernière et des actions de légende par dizaines, il était toujours resté à quai, avec seulement la troisième place en 2003 et 2007.

Après onze ans d'attente - seul Karl Malone avait dû patienter aussi longtemps avant d'être désigné en 1997 - l'affront est enfin réparé. "Personne ne mérite ce trophée plus que lui, je ne connais personne qui travaille autant", commente son entraîneur aux Lakers, Phil Jackson.

"C'est une surprise et un immense honneur", souffle Bryant, qui devance dans les votes Chris Paul, Kevin Garnett et LeBron James.

Secret de polichinelle depuis des semaines, la consécration de Bryant, premier Américain à être élu depuis Garnett en 2004, était attendue. Mais pourquoi cette année et pas les autres?

Certes les Lakers, toujours invaincus en play-offs avant leur deuxième match du deuxième tour face à Utah mercredi, brillent de mille feux cette saison. Mais de 2000 à 2002, ils avaient été champions trois fois de suite sans que Bryant n'en profite, contrairement à son coéquipier d'alors Shaquille O'Neal.

Si, à 29 ans, il touche enfin au gros lot, c'est peut-être d'abord à la lumière d'une rédemption à l'américaine qui touche autant à l'évolution de son jeu qu'à celle de sa personnalité ou, en tous cas, de l'image qu'il en renvoie.

Sur le parquet, il a réussi à décoller cette étiquette de soliste brillant mais égoïste en impliquant davantage ses partenaires. Ses statistiques cette saison reflètent cette tendance avec une moyenne de 28,3 points, sa plus faible depuis trois saisons, 6,3 rebonds et 5,4 passes décisives par match.

"Je ne serais rien sans mes coéquipiers, livre-t-il. Si j'avais gagné le titre de MVP tout seul, je l'aurais déjà eu avant, lorsque je marquais 40 points par match."

Sur le plan personnel aussi, celui que Phil Jackson a longtemps qualifié de diva ingérable a donné le change. Plus souriant, moins fermé, il a lissé son image de grand égocentrique, encore assombrie par des accusations d'agressions sexuelles qui lui ont empoisonné la vie entre 2003 et 2005.

"J'ai presque trente ans, je suis un vieil homme maintenant, j'en ai traversé des batailles, ça a été un long voyage", philosophe-t-il. En début de saison, ce n'était pourtant pas gagné lorsqu'il a menacé de quitter son club de toujours accusé de manque d'ambitions, malgré un contrat personnel pharaonique de 88,6 millions de dollars.

Mais, une fois les tensions apaisées, la saison s'est déroulée comme dans un rêve. Et depuis l'arrivée de l'Espagnol Pau Gasol, c'est carrément l'euphorie dans la baie des Anges avec la première place de la Conférence Ouest et maintenant ce titre de MVP.

"C'est Hollywood, résume Bryant. Un vrai scénario de film dont la fin parfaite serait de remporter le titre de champion NBA."

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