PARIS (AFP) — Dix-neuf universités de grandes villes de province, regroupées dans six projets, sont les lauréates de la première vague de l'opération Campus présentée jeudi par Valérie Pécresse, qui veut rénover leur immobilier et les rendre "plus attractives" sur le plan international.
Mercredi soir, la ministre de l'Enseignement Valérie Pécresse a retenu six grands projets, dans le cadre de l'appel d'offres lancé en janvier: il s'agit de ceux de Bordeaux, Toulouse, Lyon, Montpellier, Strasbourg et Grenoble.
Ils impliquent 19 universités, 17 écoles, des organismes de recherche, 340.000 étudiants et 13.000 chercheurs.
"Nous franchissons une nouvelle étape dans la modernisation de nos universités", après la mise en place de l'autonomie (loi du 17 août 2007), et du plan "Réussir en Licence", qui doit débuter à la rentrée, s'est félicitée Mme Pécresse lors d'un point presse.
Promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, le plan "Campus", annoncé le 8 janvier par le chef de l'Etat, va "rendre plus attractifs nos campus universitaires et de recherche", a-t-elle estimé.
Sa dotation, "à terme, se montera à 5 milliards d'euros, et sera placée et non consommée", a-t-elle assuré. Le gouvernement dispose pour le moment de 3,7 mds d'EUR, provenant de la vente, réalisée début décembre 2007, d'actions EDF de l'Etat.
Selon l'entourage de la ministre, ce sont les produits générés (par le placement) qui serviront à financer, "d'ici deux ou trois ans", des loyers aux opérateurs immobiliers amenés à réaliser les projets, dans le cadre de partenariats public-privé.
Le plan va au-delà d'une simple rénovation des locaux universitaires. Les six lauréats ont en effet été sélectionnés pour d'autres "points forts", selon Mme Pécresse.
Pour leur "très grande qualité scientifique et pédagogique", leur participation "à la structuration du paysage universitaire français", ou encore leur potentiel d'acquisition d'une "forte visibilité européenne et internationale".
Un deuxième appel d'offres, clos le 27 juin, permettra de sélectionner au maximum quatre autres projets, qui seront connus le 11 juillet.
Aucun projet parisien n'a été sélectionné, ce qui s'explique par "une situation immobilière emmêlée" ("éclatement des sites", "occupation des locaux anarchique","statuts fonciers distincts)", selon la ministre.
Une mission d'audit va être lancée à ce sujet.
Les projets proposés pour Paris souffraient d'un manque de "coopération et de stratégie commune", a-t-elle dit, invitant par ailleurs les acteurs du plateau de Saclay (Yvelines) à présenter un projet commun pour la deuxième vague.
Les étudiants de la Fage ont accueilli avec réserve cette première sélection: "le fossé se creuse toujours plus entre les universités" (85 au total). Les petites et moyennes universités "restent au bord de la route".
Ces dernières garantissent pourtant "l'égalité des chances en permettant l'accès aux études supérieures à de nombreux étudiants modestes", a-t-elle ajouté.
L'Unef (premier syndicat) a salué "un effort conséquent" mais s'est inquiétée des projets "laissés pour compte" et des universités des villes moyennes.
Mme Pécresse a répondu qu'elle ne les "laisserait pas seules": elles pourront bénéficier des crédits budgétaires normaux et des engagements des contrats de plan Etat-région.
L'Unef redoute en outre que "l'opération campus ne soit un moyen autoritaire de restructurer la carte de formation".
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
