PARIS (AFP) — Les équipes à qui l'Union cycliste internationale (UCI) a demandé lundi soir de boycotter Paris-Nice, sont désormais au centre du conflit qui oppose la fédération internationale à la société organisatrice (ASO), également responsable du Tour de France.
Une position commune sera adoptée sous peu par ces équipes, a annoncé mardi le président de leur association (AIGCP), le Français Eric Boyer, qui fera part de cette décision unanime après un entretien à venir avec le président de l'UCI, l'Irlandais Pat McQuaid.
Pour sa part, ASO a confirmé que Paris-Nice serait organisée "selon les règles techniques de la fédération française" (FFC). En ajoutant que cette édition aurait bien lieu du 9 au 16 mars malgré "les positions hostiles prises par le président de l'UCI".
En plaçant ces formations au pied du mur, l'UCI a pris en effet le risque de s'exposer à un désaveu public. Comme l'année passée à pareille époque quand l'ensemble des formations du ProTour -peu ou prou les mêmes qu'actuellement- avait décidé de participer à la "course au soleil" tout en sauvant les apparences pour l'UCI. Un compromis avait fini par être trouvé à six jours du départ.
Cette fois encore, dans le nouvel épisode d'un conflit qui l'oppose depuis fin 2004 aux grands organisateurs, ASO en tête, l'UCI s'appuie sur le respect de ses textes. Elle juge ainsi Paris-Nice, qui sera organisée par le biais d'une convention à signer incessamment entre la FFC et ASO, "hors règlement".
Pour cette édition, dix-sept des dix-huit formations de l'élite (ProTour) ont été retenues par les organisateurs qui ont seulement écarté Astana -tout comme pour l'ensemble des épreuves ASO en 2008- après les affaires de dopage à répétition de l'année passée. Trois autres formations de deuxième division (Agritubel, SKil, Slipstream) ont été également invitées.
Outre son appel aux équipes, l'UCI a demandé lundi soir à la FFC et aux autorités françaises (secrétariat d'Etat aux Sports) de revenir sur leur soutien accordé à ASO.
Mais la médiation, tentée par le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, a échoué récemment devant la fin de non-recevoir opposée par l'UCI et le président de la FFC, Jean Pitallier, a déclaré par avance qu'il plaçait son action dans le cadre d'un strict respect de la loi française.
Faute de compromis, puisque la base de travail trouvée fin janvier entre l'UCI et plusieurs fédérations nationales a été rejetée par ASO, soucieuse de rester maîtresse des invitations pour le Tour de France, la décision appartient donc aux équipes dans un dialogue devenu impossible entre une fédération internationale et le plus grand organisateur de son sport.
Prédécesseur d'Eric Boyer à la tête de l'AIGCP, Patrick Lefevere a fait part de l'immense lassitude que partagent à l'évidence nombre de ses collègues et, au-delà, les acteurs de ce sport après plus de trois ans de conflit.
"On continue à faire du tort au cyclisme", a affirmé le manager de Quick Step. "Ces parties ne comprennent-elles pas le tort qu'elles font aux équipes cyclistes et au sport cycliste en général?"
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