Interdiction de fumer: baisse de la fréquentation selon les professionnels

PARIS (AFP) — Une semaine après l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les bars et les restaurants, les professionnels du secteur assurent avoir constaté une faible baisse de la fréquentation dans leurs établissements, et des consommations dans les bars-tabacs.

L'interdiction est cependant globalement bien respectée, selon les informations recueillies à Paris comme en province.

Une enquête réalisée par courriel à Paris et en province par l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie auprès d'un échantillon représentatif de cafés, restaurants, hôtels et discothèques, montre que la "baisse de fréquentation est faible, de l'ordre de 10% et temporaire".

L'Umih, qui fédère 80.000 entreprises du secteur, "propose aux exploitants des formules innovantes pour +faire passer le manque+ telles que la vente de pâtisseries, des cartes de thé de qualité et un service +sourire+, propreté et accueil des familles avec jeux pour les enfants".

Le président de la Confédération des buralistes, René Le Pape, s'appuyant sur les premières remontées de ses adhérents, a pour sa part indiqué que sur cent bar-tabacs testés dans toute la France, "il y a une perte annexe certaine, entre 30 et 50% sur le petit café du matin et l'apéritif du soir".

"On constate également qu'il y a beaucoup moins de clients dans les établissements parce qu'ils restent moins longtemps. Ils ont perdu de leur ambiance et de leur convivialité", a-t-il déploré.

Interrogé, le ministère de la Santé, n'a fourni aucun bilan sur l'application de la loi.

A Paris aucun procès verbal n'a été dressé, a indiqué la Préfecture de police en précisant qu'elle effectue régulièrement des opérations "au coup par coup". Le nombre de ces contrôles n'a pas été précisé, dans le but de "faire cesser l'infraction constatée".

En Alsace, il n'y a pas eu de verbalisations selon les gendarmes, mais seulement quelques avertissements.

A Nancy, le "Harem", un bar à chicha (narguilé) a été lundi soir, le premier établissement hexagonal du genre à recevoir un procès-verbal.

A Rennes, selon la police, aucune descente n'a eu lieu dans un bar à chicha.

Elle a seulement indiqué faire "pour le moment de la sensibilisation dans les débits de boissons et les bars à chicha" de la ville. Il n'y a eu aucune verbalisation depuis le 1er janvier à Rennes et en Ille-et-Vilaine, selon police et gendarmerie.

Idem en Seine-Maritime en en Loire-Atlantique, où il n'y a pas eu de poursuites engagées contre d'éventuels réfractaires, selon les autorités.

Au Mans, le gérant du bar à chicha La Médina, Khalid Maamri a choisi de se constituer en association depuis le 7 janvier. La journée, le bar est non-fumeur, le soir, il devient associatif et n'est ouvert qu'aux membres qui ont payé quatre euros pour adhérer.

Aucun établissement des régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie n'a été verbalisé, selon les gendarmeries et polices.

Il n'y a pas eu de contrôles, seulement "un coup d'oeil de policiers municipaux depuis le trottoir" à plusieurs reprises et une clientèle "qui s'est pliée très fortement aux nouvelles règles", indique Sébastien Maury, patron du bar-tabac le Select à Toulouse.

Aucune infraction n' a été signalée dans les département de Haute-Savoie, Savoie, Isère. A Lyon, le Café 203 autorise ses clients à fumer et a été verbalisé.

Hassan Haïda, qui exploite depuis 2006 un bar à chicha dans le centre de Toulouse, a remarqué "une baisse sensible" d'activité mais n'a pas été verbalisé, bien qu'il continue à proposer des narguilés.

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