PARIS (AFP) — SOS Attentats, une association qui venait en aide aux victimes d'actes de terrorisme depuis 1986, a voté samedi son auto-dissolution, a-t-on appris dimanche auprès de sa déléguée générale François Rudetzki.
"Nous estimons que nous avons accompli notre tâche. Nous sommes arrivés au bout de nos objectifs que ce soit pour l'indemnisation des victimes, pour le statut de victime civile de guerre ou pour la possibilité pour les associations de se porter parties civiles dans les procès", a déclaré à l'AFP Mme Rudetzki, fondatrice de l'association qui est venue en aide à près de 2.000 victimes en 20 ans.
L'association s'est auto-dissoute lors d'une assemblée générale extraordinaire samedi à Paris.
A l'exception d'actes perpétrés au Pays basque et en Corse, le dernier attentat commis en France remonte au 3 décembre 1996 lorsque l'explosion d'une bouteille de gaz dans une rame RER à la station Port-Royal à Paris a provoqué la mort de quatre personnes.
Depuis, les actes de terrorisme ont essentiellement visé des Français à l'étranger, attentats pour lesquels l'association n'a "pas vraiment les moyens" d'aider les victimes, a expliqué par Mme Rudetzki, elle-même blessée dans un attentat à Paris en 1983.
Révélée par le JDD, la fin de SOS Attentats tient également à son inadaptation aux menaces actuelles (actes terroristes de grande ampleur, attentats chimiques ou bactériologiques), selon elle.
"Nous participons à une mission de service public sans en avoir les moyens. Les pouvoirs publics ont diminué, très nettement diminué, les moyens mis à notre disposition", a-t-elle regretté.
"C'est aux pouvoirs publics d'organiser une nouvelle structure parapublique plus adaptée" dans laquelle les compétences des membres de SOS Attentats pourraient être utilisées, a ajouté Françoise Rudetzki.
"Inquiète pour l'avenir", la déléguée générale dit avoir sollicité les ministères de la Justice, de l'Intérieur et l'Elysée mais n'avoir pas reçu de réponse à ce jour.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
