Nicolas Sarkozy affirme qu'il "va continuer l'ouverture"

PARIS (AFP) — Le président Nicolas Sarkozy affirme qu'il "va continuer l'ouverture" et qu'il "aimerait un jour travailler avec Claude Allègre", ancien ministre de l'Education de Lionel Jospin, dans un entretien avec des lecteurs du Parisien publié mardi.

"L'ouverture je vais la continuer", affirme-t-il, moins de quinze jours avant le premier tour des élections municipales, qui devraient être suivies d'un remaniement ministériel. "Le président de la République n'est plus l'homme d'un parti", déclare-t-il, précisant qu'il "a des idées pour faire venir d'autres personnalités".

Parmi celles-ci, M. Sarkozy mentionne Claude Allègre, "un homme avec qui j'aimerais un jour travailler", "un grand scientifique", qui "veut changer les choses".

M. Sarkozy assure par ailleurs que la ministre de l'Economie Christine Lagarde "réussit très bien". Il explique le remplacement de la libérale Anne-Marie Idrac à la SNCF par Guillaume Pépy, ancien directeur de cabinet de Martine Aubry (PS), par le fait que M. Pépy "était le meilleur pour la SNCF". "Je déteste le sectarisme", dit-il.

Le président Nicolas Sarkozy se justifie sur son salaire en soulignant qu'il gagne "19.000 euros par mois" alors que son prédécesseur Jacques Chirac gagnait 20.000 euros. M. Sarkozy explique qu'il a voulu "gagner exactement comme le Premier ministre", soit "19.177 euros", tandis que Jacques Chirac cumulait 10.000 euros de salaire en tant que président et "toutes ses retraites". "Ca faisait 20.000, soit ce que gagne le Premier ministre".

"Qui a fixé le salaire du Premier ministre? Lionel Jospin. Quand Lionel Jospin dit que le Premier ministre doit gagner 20.000 euros, il n y a pas de polémique parce qu'il est de gauche", affirme M. Sarkozy. "Et on dit: +Sarkozy augmente de 140% son salaire!+. Où ont-ils vu ça?", ajoute-t-il. Il rappelle qu'"avant, personne ne savait combien gagnait le président" et précise qu'il a demandé que l'on vote "une loi" sur le sujet.

Nicolas Sarkozy affirme qu'il "n'est pas normal" que le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, n'ait pas "tiré les conclusions" de la perte de 4,9 milliards d'euros subie par sa banque en raison des opérations non autorisées de l'un de ses traders, Jérôme Kerviel. "Je ne comprends pas l'affaire de la Société générale: quand le président d'une entreprise connaît un sinistre de cette ampleur et qu'il n'en tire pas les conclusions, ce n'est pas normal", affirme-t-il dans l'entretien avec des lecteurs du Parisien.

Nicolas Sarkozy a également affirmé mardi à Aujourd'hui en France/Le Parisien à propos de l'altercation qui l'a opposé samedi à un visiteur du Salon de l'agriculture qu'il aurait "mieux fait de ne pas lui répondre". "Il est difficile même quand on est président de ne pas répondre à une insulte, j'ai sans doute les défauts de mes qualités. Cela étant, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre", a déclaré M. Sarkozy qui avait reçu lundi matin des lecteurs du quotidien.

Malgré la décision du Conseil constitutionnel, qui a validé une partie de la loi sur la rétention de sûreté mais a censuré la rétroactivité, Nicolas Sarkozy a réaffirmé son intention de "pouvoir appliquer cette loi aux criminels les plus dangereux". "Je tiens à l'affirmer, je ne céderais pas, le principe de précaution doit s'appliquer aux victimes", a-t-il ajouté.

Concernant l'actuelle cote de popularité de François Fillon, le président de la République a précisé que c'était lui qui avait choisi le Premier ministre et que "c'était une bonne décision". Pour lui, "la raison de continuer avec un Premier ministre ne réside pas dans les sondages, mais dans la qualité du travail qu'il accomplit".

Il a, d'autre part, reconnu que c'était lui qui avait voulu que Christine Ockrent soit directrice générale de France Monde. "Je déteste que l'on réduise les femmes à ce que font leurs maris", a-t-il expliqué. "Je trouve scandaleux qu'on proteste parce qu'elle a un compagnon qui s'appelle Bernard Kouchner et que l'on oublie aussi la journaliste d'exception qu'elle est". Rappelant que "Carla était chanteuse avant que je la rencontre", il a estimé que "réduire la place d'une femme à la carrière de son mari est un manque de respect".

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