LYON (AFP) — Le sénateur-maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb, assuré de sa réélection après avoir remporté six arrondissements sur neuf dès dimanche soir, estime lundi que le PS doit "évoluer en interne" et faire "sa mue culturelle", plutôt que de s'interroger sur l'attitude vis-à-vis du MoDem.
Le premier secrétaire du PS François Hollande a déclaré lundi que le PS n'est "pas dans une stratégie d'alliance" avec le MoDem, prenant le contre-pied de Ségolène Royal qui prônait la veille "des alliances partout" avec le parti de François Bayrou.
Pour Gérard Collomb, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse, sa victoire démontre que "ce n'est pas en tenant le discours le plus extrémiste qu'on gagne les élections. Il faut trouver l'équilibre entre dynamisme économique, justice sociale et préoccupation environnementale". "Tous ceux qui ont gagné au premier tour hier soir sont des hommes avant tout de terrain", a-t-il poursuivi.
Concernant les électeurs MoDem de Lyon, dont il espère bien récupérer les suffrages pour réaliser un éventuel grand chelem, il a assuré avoir avec eux "un langage commun, des valeurs communes". La gauche a d'ores et déjà remporté les 1er, 3e, 5e, 7e, 8e et 9e arrondissements.
"Le 4e (arrondissement), c'est à peu près fait, le 6e, ça va se jouer serré, mais on peut le remporter, et sur le 2e il nous faudra un élan supplémentaire, mais (le grand chelem) n'est plus impossible", a résumé M. Collomb. La gauche dirigeait le 4e arrondissement depuis 2001 et n'a manqué que de 69 voix une victoire au premier tour, mais les 6e et les 2e semblaient des forteresses imprenables par la gauche.
"Dans le 6e, beaucoup de gens pensaient qu'il n'était pas gagnable, et ne se sont pas mobilisés à fond. Il faut faire jouer toutes nos individualités, pourqu'elles arrivent à convaincre leurs proches", a expliqué M. Collomb.
Quant au 2e, "en 7 ans, le maire sortant a pratiqué une opposition stérile", a indiqué M. Collomb. "Les grands projets du deuxième mandat, le Confluent, les berges de Saône sont dans cet arrondissement, c'est aux électeurs du 2e de dire s'ils veulent quelqu'un qui va mettre un temps infini à chipoter sur le moindre détail ou quelqu'un qui fait avancer son arrondissement", a-t-il ajouté.
Le sénateur-maire PS sortant de Lyon, Gérard Collomb, a déjoué les pronostics les plus optimistes en assurant dès le premier tour sa réélection, alors que l'ancien ministre UMP Dominique Perben a même perdu l'arrondissement dans lequel il se présentait. Avec plus de 52,9% de voix sur l'ensemble de la ville, et d'ores et déjà 6 arrondissements sur 9 remportés par la gauche, Gérard Collomb a réussi un résultat historique, puisqu'aucun maire de Lyon n'avait jamais été élu dès le premier tour.
.Pour la droite lyonnaise, cette élection a tourné à la déconfiture, car outre Dominique Perben, le secrétaire départemental de l'UMP, Michel Havard, qui incarne la relève de la droite lyonnaise, n'a pas réussi à reconquérir le 5e arrondissement, que tout le monde disait perdu pour la gauche.
Avec une défaite là aussi cuisante (53% contre 33%) face à la maire sortante Alexandrine Pesson, Michel Havard a sans doute payé le fait d'avoir pris le siège de député d'Anne-Marie Comparini (MoDem), élue du 5e, aux dernières législatives, accélérant le retrait de la vie politique de cette dernière.
Même s'il se refuse pour le moment à l'évoquer, nul doute que l'ambition de M. Collomb est désormais de réaliser le grand chelem, à l'instar de Michel Noir en 1989
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