BAYONNE (AFP) — Environ 2.000 personnes, selon les organisateurs comme selon la police, ont manifesté samedi après-midi à Bayonne en soutien aux 14 indépendantistes basques, essentiellement responsables et membres du parti radical Batasuna, qui ont été arrêtés mercredi au Pays basque français puis libérés sans charges.
La manifestation, qui s'est déroulée sans incidents, a regroupé des élus, membres et sympathisants des divers partis et associations abertzales (patriote, en langue basque), venus protester contre le coup de filet policier opéré dans la nuit de mardi à mercredi dans les milieux indépendantistes du pays basque français.
Quatorze personnes avaient été placées en garde, puis libérées, lors de cette opération qui s'est accompagnée de diverses perquisitions, notamment au siège bayonnais de Batasuna, un parti légal en France mais interdit en Espagne où il est considéré comme le bras politique de l'organisation indépendantiste armée ETA.
Xabi Larralde, libéré vendredi, membre du bureau national de Batasuna, a pris la parole devant les manifestants réunis devant l'immeuble qui abrite le siège du parti, dans le Petit Bayonne, dénonçant une opération politique qui constitue, selon lui, "un premier pas vers l'illégalisation du parti".
Il a dénoncé en particulier "la hargne" de la juge antiterroriste Laurence Le Vert, qui a participé à la perquisition du siège de Batasuna, et la stratégie de la ministre de l'Intérieur, Michelle Alliot-Marie, qui aurait voulu "envoyer un signe" à Madrid en s'en prenant aux autonomistes français.
Les quatorze personnes arrêtées dans le cadre de cette opération ont été remises en liberté vendredi soir et samedi matin sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elles, a annoncé samedi le parquet de Paris.
Dix de ces quatorze personnes avaient été interpellées dans le cadre d'une information judiciaire ouverte après l'attentat commis le 11 juin 2006 contre le complexe hôtelier Ostapé d'Alain Ducasse à Bidarray (Pyrénées-Atlantiques).
Les quatre autres avaient été interpellées dans le cadre d'une enquête préliminaire conduite sous la houlette de la section antiterroriste du parquet de Paris.
Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a déclaré, jeudi à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, qu'il "n'excluait pas" de demander à la France la mise hors-la-loi de la branche française de Batasuna.
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