La Bourse de Paris, freinée par le pétrole, face à de maigres perspectives

PARIS (AFP) — La Bourse de Paris, qui a peiné cette semaine comme les autres places financières face aux records du pétrole, sera la semaine prochaine face à de maigres perspectives, les différentes statistiques sur l'inflation risquant de prolonger les craintes actuelles.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a terminé en baisse de 2,84% à 4.933,77 points, la hausse de lundi (+1,26%) ne compensant pas des séances plus difficiles (-1,70% mardi et -1,89% vendredi notamment).

Le mois de mai s'annonce ainsi médiocre par rapport à la deuxième moitié de mars (+2,5% pour le CAC 40) et surtout à avril (+6,1%), confirmant le vieil adage boursier: "vends en mai".

La semaine prochaine, les marchés d'actions seront encore à l'écoute de celui du pétrole, qui affiche une santé insolente, le baril ayant franchi les 130 et les 135 dollars lors de deux journées consécutives.

"La facture est désormais particulièrement lourde. Et pour cause: à chaque fois que le baril augmente de 10 dollars en moyenne sur une année, la croissance mondiale perd 0,4 point", rappelle Marc Touati, économiste chez Global Equities.

"Le scénario du risque de prix de pétrole en hausse constante est rapidement en train de devenir une réalité (...) L'inflation en zone euro est désormais attendue à 3,6% sur un an après 3,3% en avril, soit le retour au plus haut de mars", ont poursuivi les économistes de BNP Paribas.

Cette première estimation des prix à la consommation en mai doit être publiée vendredi.

"L'envolée du pétrole suscite une hausse des coûts des matières premières et du fret. L'euro est sur une pente ascendante. L'inflation capte en ce moment l'attention, parce qu'elle pèse dans les choix des banquiers centraux. Autant de vents contraires pour les indices boursiers", résume Romain Boscher, directeur de la gestion actions de Groupama.

"Le contexte actuel n'incite pas à aborder les prochaines semaines et les prochains mois avec sérénité. Nous ne cessons de rappeler qu'il subsiste beaucoup de risques, et que la volatilité va rester élevée", poursuit-il.

Dans cette période sans publications de résultats d'entreprises du CAC 40, "les seules idées consistent actuellement à jouer sur les détachements de coupon (versement du dividende, ndlr) ou sur les assemblées générales", expliquait un vendeur d'actions parisien vendredi, pessimiste pour la croissance.

Cette impression négative a été renforcée vendredi par la baisse de la consommation en France (-0,8% en avril par rapport à mars). "La consommation a été le principal moteur de croissance en France. Ce chiffre met sérieusement en doute l'hypothèse selon laquelle l'économie française pourrait échapper au retournement de la conjoncture", ont commenté les économistes de Lehman Brothers.

Outre le problème du pétrole cher qui a pénalisé Air France-KLM (-17,6% dont -10,2% jeudi), la semaine a ainsi été très difficile pour des valeurs dites cycliques comme Accor (-4,3%), Carrefour (-4,2%) ou PPR (-7,5%), mais surtout l'automobile, Renault (-4,11%), Peugeot (-9,3%) et Michelin (-6,2%).