PARIS (AFP) — Ingrid Betancourt, arrivée à Paris vendredi après sa libération des mains de la guérilla des Farc, devrait rester encore quelques temps en France et se rendra ce week-end dans la cité mariale de Lourdes, a-t-on indiqué lundi dans son entourage.
L'ex-otage a confirmé lundi qu'elle ne se rendrait pas en Colombie pour la marche du 20 juillet en faveur des otages, suggérant qu'elle n'allait pas rentrer dans l'immédiat en Colombie, sa famille craignant un attentat.
"J'ai eu une grande discussion avec ma famille et en fait ils ont peur. Ils me disent +on a trop souffert pour toi et on a le droit de te demander de ne pas y aller+", a-t-elle expliqué à TV5Monde.
"Je pense qu'il faut y aller tranquillement. Le fait que je ne sois pas en Colombie ce n'est pas dramatique. Je peux faire les choses d'ici. Et je reviendrai en Colombie mais peut-être à un moment où la crise sera moins palpable", a-t-elle ajouté.
"Je n'ai pas envie de me convertir en une espèce de martyr où mes enfants viendront sur ma tombe. Je veux être vivante", a-t-elle ajouté.
Selon son entourage, elle devait se rendre vendredi soir à Lourdes "et y passer le week-end pour se reposer en famille".
Dès son arrivée en France vendredi, Ingrid Betancourt, très croyante très pieuse et qui porte un chapelet ainsi qu'une croix au poignet, avait émis le souhait de se rendre à Lourdes.
Elle s'était rendue dimanche soir avec ses enfants, Mélanie et Lorenzo, à la basilique du Sacré-Coeur à Montmartre à Paris.
Ingrid Betancourt devait également être reçue, à sa demande, par le pape Benoît XVI mais la date n'a pas encore été fixée.
Auparavant, elle devrait retourner mardi matin à l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce pour "quelques petits examens complémentaires qui n'ont pas pu être faits samedi", a précisé cette source à l'AFP. Les médecins ont estimé que son état de santé était rassurant mais lui ont conseillé le repos.
Son agenda très chargé devait la mener mardi et mercredi devant les parlementaires qui lui rendront un hommage exceptionnel. Elle était attendue mardi après-midi au Sénat et devait s'exprimer le lendemain devant les députés.
Ingrid Betancourt a continué à enchaîné les interview lundi après cinq jours de tourbillon médiatique.
L'ex-otage a participé dans la matinée à une émission spéciale de Radio France Internationale où elle s'est adressée aux otages de Colombie. Elle leur a promis de nouveau de "tout faire" pour les faire libérer, soulignant son émotion de voir les journalistes qu'elle a entendus tous les jours dans la jungle.
Interrogée par TV5Monde pour savoir si elle envisageait d'être candidate à l'élection présidentielle de 2010, elle a répondu: "Si je peux servir la Colombie et si je peux la servir en assumant par exemple la présidence de la Colombie tant mieux. Mais je pense qu'il y a d'autres façon de faire comme par exemple travailler pour la Colombie d'ici en France".
Auparavant, elle avait évoqué au micro de France 24 ses divergences politiques avec le président de droite M. Uribe, affirmant que tous deux étaient "de bord différents".
Le chef de l'Etat colombien Alvaro Uribe a demandé le 27 juin au Congrès d'organiser un référendum sur une nouvelle élection présidentielle, alors que les plus hautes instances de la justice de son pays ont mis en doute la légalité de sa réélection en 2006.
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