Le Quai d'Orsay assure ne pas boycotter une journaliste du Monde

PARIS (AFP) — Le ministère des Affaires étrangères a assuré jeudi ne pratiquer "aucune discrimination" à l'encontre des journalistes, après les accusations du journal Le Monde selon lesquelles le cabinet de Bernard Kouchner boycottait sa correspondante diplomatique.

Le ministère "ne pratique aucune discrimination, ni entre les rédactions des différents médias, ni entre les journalistes", a déclaré à la presse le porte-parole du Quai d'Orsay, Eric Chevallier.

Le Monde, dans son édition datée de jeudi, a accusé le cabinet du ministre d'avoir "pris des mesures de boycottage" depuis "plusieurs semaines" à l'encontre de sa correspondante diplomatique, Natalie Nougayrède.

Ces mesures "sans précédent dans l'histoire du journal" se sont accompagnées d'"interventions informelles" pour que le quotidien change de journaliste diplomatique, écrit Le Monde.

Selon l'article, Mme Nougayrède a été "expulsée sur décision du cabinet du ministère" d'une réunion organisée le 29 août par le Quai d'Orsay à l'occasion de la conférence annuelle des ambassadeurs de France.

Le cabinet du ministre a également demandé, toujours selon Le Monde, qu'elle ne participe par à un entretien en août entre M. Kouchner et des journalistes du journal, amenant le quotidien à annuler l'entretien.

Le Monde a également déploré que sa collaboratrice ne reçoive plus la correspondance du ministère.

M. Chevallier a répondu que Mme Nougayrède avait participé à plusieurs entretiens avec M. Kouchner depuis l'entrée en fonctions du ministre en mai 2007 et qu'elle avait pu, comme d'autres collaborateurs du journal, l'accompagner dans plusieurs déplacements à l'étranger.

Le porte-parole a ajouté que la journaliste était "invitée aux conférences de presse du ministre ainsi qu'aux réunions de presse organisées par le ministère" et était reçue au ministère "lorsqu'elle en exprime la demande".

Concernant son expulsion d'une réunion lors de la conférence des ambassadeurs, M. Chevallier a affirmé qu'elle n'avait "effectivement pas été autorisée à participer à l'une des séances de travail pour laquelle elle n'était pas inscrite". Il a ajouté qu'elle avait eu ensuite "toute liberté" de participer à la conférence de presse finale de M. Kouchner.

Il a ajouté que la journaliste allait être reçue par le cabinet du ministre "pour dissiper tout malentendu".