KASHGAR (AFP) — La sécurité a été renforcée dans la région musulmane du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, qui s'apprête à recevoir la flamme olympique dans la crainte de débordements.
La flamme devait arriver lundi soir à Urumqi, capitale du Xinjiang, où le gouvernement central de Pékin est impopulaire auprès de nombreux musulmans, traverser la ville mardi matin puis trois autres villes de la région.
Pour protéger son parcours, les autorités ont pris des mesures exceptionnelles, notamment la fouille de véhicules au hasard ou l'interdiction de pétards et autres matériaux dangereux.
"Notre mission de sauvegarde de l'unité entre la mère patrie et les minorités ethniques est particulièrement éprouvante", déclare Li Guangming, un haut responsable régional du sport, dans le quotidien local.
Selon des groupes d'exilés de cette région, les autorités auraient aussi interpellé des milliers de personnes, imposé une "éducation politique" à des responsables religieux sur la nécessaire "protection" des JO et recommandé aux habitants d'éviter les contacts avec les étrangers, notamment journalistes.
Dans l'attente de la flamme, elles auraient également confisqué plusieurs passeports, selon des témoins.
"Ils ont peur que les gens partent à l'étranger et rejoignent un complot quelconque contre les JO", dit une femme d'une vingtaine d'années qui, faute de passeport, a du renoncer à son projet de poursuivre ses études à l'étranger.
Ces mesures répressives "visent à empêcher les Ouïghours de dire aux visiteurs et aux journalistes étrangers la vérité sur leurs souffrances", assure Rabiya Kadeer, de l'Association ouïghoure américaine.
La police et les autorités locales à Urumqi n'étaient pas joignables pour commenter ces accusations.
A Kashgar, située sur l'ancienne Route de la soie, une estrade a été montée près de la grande mosquée pour accueillir la flamme, sans présence policière notable. Mais dans le voisinage, personne ne semble savoir exactement quand elle doit arriver.
Les étapes dans le Xingjiang et le Tibet sont les plus sensibles du périple de trois mois dans le pays.
Pékin dit faire face à une menace terroriste de la part de séparatistes du Xinjiang, vaste région montagneuse et désertique où vivent plus de 8 millions d'Ouïghours. Beaucoup de ces musulmans turcophones réfutent cette accusation, estimant que la Chine s'en sert pour justifier ses politiques visant à les opprimer et à faire disparaître leur culture.
A Urumqi, les autorités ont récemment mis en garde contre tout slogan qui porterait "tort à la nation ou aux villes du parcours" de la flamme, selon l'agence officielle Chine Nouvelle, .
Les journalistes étrangers se sont vus signifier qu'ils ne pourraient observer la flamme que d'un seul point de vue, lors du parcours sur 12km dans la ville. "C'est à cause des barrages mis en place, on espère que vous comprenez", dit Long Jiasheng, un employé du ministère des Affaires étrangères basé au Xinjiang.
Plusieurs Ouïghours interrogés par l'AFP se réjouissent du passage de la flamme chez eux, rejetant l'idée que certains voudraient déranger le parcours. "La flamme olympique n'est jamais venue ici. On est très fiers" au contraire, affirme Yusup, chauffeur de taxi à Kashgar.
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