Libye: Cohn-Bendit dénonce la "thérapie familiale" des Sarkozy

STRASBOURG (AFP) — Avec le rôle joué par l'épouse du président français dans la libération des infirmières bulgares en Libye, l'Europe a été "instrumentalisée" au profit d'une "thérapie familiale du couple Sarkozy", a dénoncé mardi l'eurodéputé vert Daniel Cohn Bendit.

"On a instrumentalisé l'Europe pour une thérapie familiale du couple Sarkozy", car il fallait pour le président français "occuper Cécilia", a estimé le co-président du groupe des Verts au Parlement européen lors d'un point presse.

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi l'a "très bien compris" et des contrats d'armement "qui étaient bloqués depuis un an et demi" ont ainsi pu être finalisés, a souligné M. Cohn-Bendit.

Ces contrats "ont pu être débloqués par le fait que la France, pour avoir la photo de Cécilia avec les infirmières bulgares, a donné aux Libyens des armes, une centrale nucléaire, et la reconnaissance d'un dictateur".

"Il est scandaleux", d'affirmer, comme l'a fait Cécilia Sarkozy dans des déclarations publiées mardi en France, que Paris n'avait offert que des "contreparties d'ordre médical" pour libérer les infirmières bulgares détenues en Libye, a encore estimé le dirigeant écologiste.

"On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de contreparties quand on vend une centrale nucléaire pour dessaler l'eau de mer", a-t-il précisé.

Dans le cadre de l'affaire des infirmières bulgares, "personne n'a posé de questions sur la question des droits de l'homme en Libye", a-t-il par ailleurs relevé.

Mme Sarkozy s'est rendue deux fois en Libye lors de la phase finale des négociations ayant mené le 24 juillet à la libération des infirmières et d'un médecin bulgares détenus depuis huit ans.

Son intervention avait provoqué de nombreuses polémiques, des négociations avec le colonel Khadafi étant déjà en cours au niveau européen. L'opposition avait demandé, et obtenu, la création d'une commission d'enquête parlementaire pour éclaircir les conditions de libération des infirmières bulgares.